Mercredi 24 octobre 2007
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A suivre, une petite vidéo aussi révélatrice qu'instructive (et dont je dois la connaissance à mon ami blogueur Marcus, merci !) qui vaut tous les longs
discours sur la crise que la presse française traverse actuellement et sur l'arbre qui cache la forêt et n'en finit plus de pousser, comprenez le soit-disant danger que représentent Internet et
toute cette bande de blogueurs sans foi ni loi.
Je fais bien sûr allusion ici aux propos ridicules de Laurent Joffrin, patron de Libération, délivrant la semaine dernière sa leçon de journalisme à la vilaine boîte à rumeurs virtuelle
.
Mais je pense aussi à l'envolée surréaliste dans l'émission Duel sur la 3 du "trio d'avant-garde" Philippe Val, BHL et Séguéla, à l'encontre de cette même blogosphère qui, à les entendre, redonnerait presque du galon à la presse people.
Enfin ! Plutôt que de se laisser grangener par quelque "père-la-morale" préférant pointer des causes externes plutôt que de se remettre en cause, et si la grande famille des journalistes
professionnels "encartés" redescendait un peu de son piédestal pour prendre le problème à bras-le-corps et reconnaître que les véritables raisons de la crise sont tout simplement d'origine
interne, essentiellement endogènes à la profession ? En voilà une idée !
Et si les problèmes actuels étaient réellement ceux d'une profession qui n'a pas su prendre le train en marche des nouvelles TIC (technologies de l'information
et de la communication) et de leurs usages et s'est enfermée progressivement dans des routines destructrices de son esprit fondateur, le doute, l'indépendance
et la curiosité, l'appétit ?
C'est en tout cas ce que me suggère cette intervention jeudi dernier du journaliste free-lance Francis
Pisani au CFJ (Centre de Formation des Journalistes). Une intervention qui sonne comme le plaidoyer d'un homme d'une génération née bien avant l'invention du microprocesseur (peut-être même
du transistor !) et plus encore des autoroutes de l'information pour un journalisme moderne résolument multimédia, face un parterre de jeunes aspirants journalistes qui semblent découvrir pour la
plupart les flux RSS, les wikis, les digg, les del.icio.us et consorts, autant de nouveaux outils et réseaux qui touchent aujourd'hui à toutes les étapes de la "chaîne de production" et
l'efficacité même de leur futur métier: du recueil à la diffusion de l'information, en passant par le filtrage, le partage, la production collective, la hiérarchisation, l'analyse, la
valorisation de cette information. Diantre!
Franchement, un journaliste lambda (je ne parle pas des grands reporters hein) qui se contenterait aujourd'hui d'attendre que tombent les dépêches AFP, c'est un peu comme un chercheur qui
bornerait son champ de recherche à la connaissance imprimée sur papier ou micro-fiches, non ?
Et dire que je croyais qu'il n'y avait pas pire en France en termes de retard technologique et de cloisonnement que la recherche universitaire, moi qui "défrayais la
chronique" (euh très très localement bien sûr !) en présentant une thèse d'économie, tenez-vous bien en 2002, il n'y a que cinq ans de cela, s'appuyant sur une webographie noyant dans la masse la
très classique et convenue bibliographie ainsi qu'un faisceau de coopérations électroniques insensé avec l'université de Berkeley en Californie, contre toute recommandation de mon directeur de
thèse quand je débutais ma recherche en 1997 (oui Google naissait seulement l'année suivante).
Sur ce, bon visionnage, allez un effort, ce ne sont que 8 petites minutes...
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